Des commerces dévalisés, des bâtiments publics attaqués, des incendies dans plusieurs centres-villes : les violences du samedi 17 octobre ont laissé derrière elles un lourd bilan matériel. Au milieu des scènes de chaos, la jeunesse de nombreux participants interpelle. Derrière les revendications et les cortèges, des groupes parfois très jeunes se sont livrés à des dégradations dont les conséquences pourraient se chiffrer en centaines de millions d’euros.
À Marseille, l’hôtel de ville a été pris pour cible. Des individus ont forcé l’entrée, pénétré dans le bâtiment et saccagé plusieurs pièces avant l’intervention des forces de l’ordre. Dans le centre, des commerces ont été pillés, notamment rue Saint-Ferréol. À Lyon, l’office de tourisme de la place Bellecour a été incendié. À Bordeaux, des magasins de la rue Sainte-Catherine ont été dévalisés, tandis qu’un incendie s’est propagé après le pillage d’un commerce.
À Limoges, des individus cagoulés ont incendié un véhicule de police municipale, brisé des vitres et pénétré dans l’hôtel de ville. Le feu s’est propagé à une aile du bâtiment et a atteint la toiture, menaçant cet édifice historique. Des commerces ont également été pillés dans le centre.
Ce qui frappe, au-delà de l’ampleur des dégâts, c’est la présence de participants très jeunes dans certaines scènes de violence. Des adolescents et de jeunes adultes apparaissent parmi les groupes qui s’en prennent aux vitrines, lancent des projectiles ou profitent du désordre pour dérober des marchandises. Pour certains, la manifestation devient le prétexte à une confrontation avec les forces de l’ordre ; pour d’autres, une occasion de pillage. Les motivations diffèrent, mais les conséquences sont les mêmes pour les victimes.
Il serait toutefois erroné de confondre cette minorité violente avec l’ensemble des jeunes mobilisés. De nombreux lycéens et étudiants manifestent pacifiquement. Mais l’âge de certains auteurs présumés pose une question : comment des jeunes peuvent-ils en venir à considérer le saccage d’un bâtiment public ou le pillage d’un commerce comme une forme acceptable de contestation ?
À Toulouse, plusieurs magasins ont été touchés. À Paris, des pillages ont été signalés autour des Halles. Dans plusieurs villes, des groupes mobiles ont profité de la dispersion des forces de l’ordre pour multiplier les attaques, obligeant les policiers à intervenir simultanément sur de nombreux points.
Le bilan économique s’annonce lourd. La Fédération du commerce et de la distribution a évoqué environ 1 500 commerces directement touchés à l’échelle nationale, avec une facture susceptible d’atteindre plusieurs centaines de millions d’euros. Les évaluations restent provisoires. Pour les commerçants, les dégâts ne se limitent pas aux vitrines brisées et aux marchandises volées : fermetures, pertes d’exploitation et réparations menacent aussi les emplois.
Les contribuables devront également financer la remise en état des équipements publics endommagés. Quant aux auteurs identifiés, leur jeune âge ne les exonère pas de leurs responsabilités, même si la justice doit tenir compte des règles particulières applicables aux mineurs.
Alors, Mesdames et Messieurs les juges, quand est-ce ce que les parents des casseurs-pilleurs paieront pour le naufrage de cette “éducation”?