Pour un “home-jacking” qui aurait pu tourner au drame, Icham et Kader éviteront peut-être la prison

Ils pensaient sans doute pouvoir gagner 200 euros en exécutant une mission commandée sur les réseaux sociaux. À Brétigny-sur-Orge (Essonne), Icham et Kader ont été condamnés, le 26 octobre 2026, à trois ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis, pour leur participation à une expédition visant un détenteur de cryptomonnaies. Mais cette peine ne signifie pas nécessairement qu’ils passeront derrière les barreaux.

Tout avait pourtant les allures d’une opération préparée. Kangoo garé à proximité d’un pavillon, cagoules, gants de jardinage, marteau, tournevis et colliers de serrage : les deux jeunes, accompagnés d’un mineur, étaient équipés pour contraindre leur cible. Le chien a donné l’alerte, l’alarme s’est déclenchée et les caméras ont filmé la scène. Prévenu par son téléphone, le propriétaire, absent, a permis une intervention rapide de la brigade anticriminalité. Les suspects ont été interpellés après leur fuite.

En garde à vue, les deux hommes ont expliqué avoir été recrutés en ligne pour séquestrer le propriétaire et lui soutirer ses cryptomonnaies. La rémunération promise : 200 euros chacun. À l’audience, Kader a paru bien peu au fait de l’univers dans lequel il s’était engagé : « J’sais pas c’est quoi », a-t-il répondu à la présidente. La procureure, elle, a résumé l’incongruité de l’expédition : « Cela ne vous est pas monté au cerveau que cette expédition était vouée à l’échec ? »

Sans antécédent judiciaire, les deux prévenus ont écopé de trois ans de prison, dont un an ferme. Reste une nuance essentielle : une peine d’emprisonnement ferme ne signifie pas automatiquement une incarcération immédiate. Selon les modalités d’exécution fixées par la juridiction et leur situation, la partie ferme peut, sous certaines conditions légales, être aménagée, notamment sous bracelet électronique. Les condamnés pourraient donc éviter la cellule, malgré la gravité d’un projet qui aurait pu tourner au drame.